Et si maintenant on créait de la valeur avec l’IA ?

Loïc Lejal . 26/09/ 2026 . Point de vue

Introduction

Je n’ai pas écrit d’article depuis 1 an. Et tout le monde s’en tape probablement car je ne suis ni EMINEM ni JK Rowling. Quand (rarement) on me demande pourquoi, je me cache derrière un manque de temps mais la vérité c’est que j’ai toujours écrit mes articles tard le soir quand tout le monde est couché dans la maison, au lieu de ça je joue aux échecs sur chess.com (c’est une véritable addiction). Pourquoi avoir arrêté alors que c’est un rituel qui m’a motivé pendant très longtemps? Pour le comprendre je vais faire un test en live et ouvrir mon LinkedIn et vous mettre le résultat ici :

Des citations inspirantes et des conseils pour devenir millionnaire, des récits insipides le tout généré par de l’IA. LinkedIn a toujours été un plaisir coupable, un repaire de cringes https://youtu.be/SB-k06PgIRE Yann Leonardi en parlera mieux que moi (ça vaut le détour et c’est smart) mais les cringes produisent désormais plus de contenus médiocres sans effort de réflexion.

 

C’est une marée bruyante, faisant toujours plus de bruit dans un monde toujours plus bruyant. Remplir des disques durs de contenus inutiles et se vanter d’avoir automatisé 100% de son activité grâce à Make et Claude… Plutôt jouer aux échecs que lancer une bouteille à la mer en espérant qu’un lecteur lise les pensées d’un aigri nostalgique. Mais après avoir compris que je ne suis pas Magnus Carlsen, j’en ai parlé à des amis et clients. Le résultat est unanime :

NOUS VOULONS PLUS D’HUMAIN, PLUS DE RÉEL ET D'AUTHENTICITÉ.

Je vais d’abord régler mes comptes avec les chatbots, car j’ai l’impression que c’est le symptôme visible de la mauvaise compréhension de l’IA par beaucoup, le furoncle de la peste bubonique. Puis je vous emmènerai en 1900, sur une route où les automobiles croisent encore les calèches parce que c’est là que nous vivons, dans un monde qui change. Ensuite on s’essayera à quelques prédictions.

 

Soyons clairs, je ne suis pas un Doomer anti IA blasé et dépressif, je suis seulement blasé et dépressif. Blague à part, je crois en la capacité de l’IA à décupler les possibilités et à se mettre au service de l’humain en back office pour mettre plus d’humain en front office. Je crois aussi en l’IA comme révélateur de valeur et c’est tout le sujet de cet article !

Un peu d’histoire : Klarna

“De plus en plus d’emplois chez Klarna qui existeront même dans un monde alimenté par l’IA seront liés aux relations humaines, qu’il s’agisse d’une relation avec nos commerçants ou d’une relation avec nos consommateurs”, Sebastian Siemiatkowski, directeur général de Klarna.

Ben tiens donc ! C’est pas le même boug qui montait sur scène triomphant en disant qu’il allait faire un layoff de 700 personnes et remplacer ses téléconseillers par l’IA ? Joli grand écart (Cette photo de lui n’est pas un montage).

 

Ne le blâmons pas, un entrepreneur est quelqu’un qui se trompe, pivote et apprend de ses échecs. Il faut un premier accident pour comprendre l’utilité du feu rouge et de la ceinture.

 

Apprenons, nous aussi, de cet échec. L’IA est un formidable outil en back office, mais en front office, dès que la promesse de marque est en jeu, les répercussions sont dévastatrices. Perte d’âme, expérience ratée, réponses à côté de la plaque… Les clients tolèrent les approximations humaines mais pas le cul de sac relationnel d’une IA mal paramétrée ou trop sûre d’elle. Baisse de la qualité de service et mécontentement des clients : nous le savons désormais. Ce même Sebastian déclare plus tard : “an overemphasis on cost – not AI itself – led to lower quality”. Ce n’est pas l’IA qui a dégradé la qualité, c’est l’obsession du coût qui la pilotait.

 

Et IKEA (encore des suédois!) l’a compris aussi et récemment a joué une copie BEAUCOUP plus smart : Plutôt que de virer comme des malpropres 8500 téléconseillers elle les forme à devenir conseillers en design d’intérieur et vend leurs services aux clients. Smart.

 

Plus d’IA et plus d’humain, je retrouve foi en l’humanité ! Merci IKEA.

https://www.challenges.fr/economie/ikea-fait-le-pari-du-conseil-en-decoration-interieure-pour-s-adapter-a-l-ia_858502

Cocher, emmenez-nous rue de Rivoli en 1900 !

Cette photo qui provient du musée Carnavalet à Paris témoigne d’un temps qui nous paraît improbable. Des voitures et des chevaux qui cohabitent dans les rues de Paris. Pourtant, ceci est bien réel et en un battement d’aile de papillon, Paris structure ses rues pour accueillir des millions d’automobilistes puis, Anne Hidalgo crée un plan de circulation et la rue de Rivoli, axe principal de Paris, est déclarée interdite aux voitures des particuliers. Chaque période a ses vainqueurs et ses vaincus (il serait trop tentant de parler ici de la politique d’Anne Hidalgo mais ce n’est pas le propos, je m’autocensure 🙂 ). Le parallèle avec l’IA est aisé. Nous sommes dans une période de chaos, les IA chamboulent nos process, nos parcours clients, nos modèles sociaux, la valeur du travail, rien n’est normé et chacun y va de sa norme et de sa théorie. Les développeurs défendent la pérennité du code bien fait alors qu’Arthur Mensch les qualifie d’artisans, les SEO parlent de GEO comme un nouveau modèle puis comme une continuité, les DSI alertent quant au besoin de résilience face aux cyberattaques pendant que le budget part ailleurs : toute la tech et toute l’entreprise sont chamboulées.


Même le colosse Shopify, qui suit pourtant les avancées de l’IA à un rythme frénétique, se retrouve menacé. Meta aurait décidé (pour la énième fois) de lancer son outil e-commerce, mais cette fois motorisé à l’IA agentique. Plutôt que d’affronter frontalement les autres LLM, Meta attaque par le commerce et le marché des PME TPE. Dominic Ball, Head of Internet & Payments Research chez Rothschild & Co, anticipe un décrochage de la valorisation de Shopify au Q2 (au moment où cet article sera publié on saura si son intuition était bonne, j’en doute personnellement) : la raison d’être de Shopify est de simplifier l’accès à l’entrepreneuriat, et le projet “Watermelon” viendrait le concurrencer sur la moitié de son cœur de cible. Shopify, pourtant leur valeur favorite de toujours.

On ne sait plus ce que vaut un bon cheval, ni ce qu’on va faire de tous ces chevaux dressés à tirer des calèches. On ne sait pas davantage comment la voiture va changer nos vies, raccourcir les distances et permettre le voyage.

Posez vous les bonnes questions !

Avant la voiture, il fallait plusieurs heures pour se rendre de Paris à Versailles, et j’ai donc une première révélation : à l’époque j’aurais fait beaucoup de télétravail. Mais si l’on considère Versailles > Paris comme un projet et l’IA comme un Renault Kangoo, l’IA réduit la distance qui vous sépare du projet ou plus précisément le temps et les moyens. Pour réduire les time to market posez-vous les bonnes questions.

 

Un vendeur en solutions IA, expert autoproclamé avec un pitch pensé par ChatGPT, rédigé par Claude et enrichi avec Gemini, vous posera la question “Si vous pouviez automatiser quelque chose d’un coup de baguette magique, que feriez-vous ?” Cette question est d’une naïveté affligeante. Tournez-la à la négative et elle se transforme en réflexion stratégique profonde “Si vous aviez une baguette magique, quelles tâches souhaiteriez-vous préserver de toute automatisation?” Personnellement j’interdis à mes équipes d’utiliser l’IA pour construire une réponse pour un client, c’est long, c’est boring mais les consultants de l’équipe s’approprient les problématiques des clients, posent leur vision, savent défendre un point de vue, gardent leur cerveau critique et en éveil. Ils peuvent ensuite mettre en forme ou challenger avec l’IA (cet article suit les mêmes règles) mais leur jus de cerveau est une matière première rare qui fait la force de l’entreprise, pourquoi la mettre au placard?

les POC : j'ai même réussi à en mettre deux !

Votre domaine d’excellence, c’est là où vit votre promesse de marque, c’est précisément ce que la baguette magique inversée vous dit de protéger, pourtant vos équipes iront naturellement là parce que c’est leur zone de confort, alors que le gisement de valeur des POC est partout ailleurs. Faites des POC sur ces terrains de faible efficience, vous même, c’est un de vos nouveaux jobs en tant que décideur de la tech. Vous êtes les mieux placés car vous avez une vision 360 des problématiques de l’entreprise mais surtout parce que vous allez devoir driver le changement et ce changement nécessite de mettre les mains dans le cambouis pour mieux évangéliser. Si vos POC sont des échecs vous aurez découvert les limites de l’IA à un instant T et vous comprendrez la vraie valeur de l’humain dans ce domaine, si ce sont des succès alors le vibe coding montrera vite ses limites en termes de rapport fonctionnalité / maintenance / scalabilité, vous chercherez donc à constituer une équipe pour produire ce projet de façon structurée avec une véritable vision du ROI de la feature. Le cout du POC n’a jamais été aussi faible et nous allons associer cette notion à d’autres pour bien comprendre comment mener la transformation. 

 

Beaucoup échouent entre le POC et la mise à l’échelle et l’IA est souvent arrêtée avant la maturité. Mais pourquoi tous ces POC sans lendemain souvent parce qu’on confond le POC et le produit?

Revenons dans le passé mais cette fois en 1987 avec le paradoxe de Solow

Allez on utilise IA overview avec un an de retard pour faire visionnaire sur le marché français (encore une dédicace pour LinkedIn) : Le paradoxe de Solow (ou paradoxe de la productivité) est résumé par la célèbre phrase de l’économiste Robert Solow : “On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité”. Il désigne le décalage entre les investissements massifs dans les nouvelles technologies et la stagnation apparente de la productivité mesurée.

 

Les causes principales

  • Temps d’adaptation : les entreprises ont besoin de temps pour changer leurs méthodes de travail.
  • Mauvaise mesure : les gains qualitatifs ou immatériels sont mal comptés par les outils statistiques.
(source du plagiat IA overview : Les Echos - L'IA face au paradoxe de Solow)

Solow met en avant le faible gain de productivité obtenu à l’arrivée de l’informatique parce que le tissu économique et social n’était pas encore adapté et que la technologie a avancé plus vite que l’humain, l’obligeant à changer ses process, habitudes bien huilées du crayon et du papier, à changer la structure de certains jobs. C’est aussi théorisé par la courbe en J : une techno de rupture fait d’abord baisser la productivité, le temps que l’organisation se réinvente puis elle explose. Même le clavier avec lequel j’écris actuellement est un héritage de cette époque car nous avons calqué l’agencement des lettres sur celui des machines à écrire au détriment de l’efficacité long terme mais pour favoriser les dactylos au passage à l’informatique. Aujourd’hui personne ne remettrait en question les gains de productivité de l’informatique mais à un moment il a fallu réécrire tous les process et je le vois à l’échelle d’une entreprise d’une centaine de personnes c’est une “pain in the ass” disons les choses clairement.

 

Sam altman reconnait lui même que tous les acteurs du marché y compris lui on sous estimé l’inertie des humains et il a été trop ambitieux sur le temps que prendrait la disruption


https://youtu.be/kG8AoExkX40?is=3uurvdGkZz3S4i3W

 

On a de nouveau chamboulé les process pour la révolution digitale et e-commerce et nous allons les mettre à mal une nouvelle fois avec l’IA. Chers dirigeants, vous allez soit vous tromper soit prendre du retard et je vous souhaite de vous tromper… beaucoup… Car les followers vont prendre du retard plus vite que jamais.

Mais de nouveau, pour gagner en productivité, vous devez accepter que vous n’allez pas lancer des produits mais des dizaines de POC, il vous faudra analyser pour savoir quand et comment structurer pour scaler, comment embarquer les équipes sur un terrain déminé par vos POC. Je me répète : Ces POC ne sont pas des produits, ce sont des révélateurs, ils révèlent les sujets à ROI et ceux à dropper, ils révèlent les limites de l’IA à l’instant T et donc la vraie valeur de l’humain, et ils révèlent les vrais chantiers de l’entreprise. On prouve l’intérêt / la rentabilité on structure ensuite. 

 

L’IA ne crée pas la valeur : elle la révèle.

Du POC au produit

“Ok, c’est à ce moment qu’on va nous vendre du dev” ! Eh bien non ! Vous êtes médisants et vous avez presque raison, mais je ne viens pas vous vendre du dev. Je viens vous vendre une expertise. Imaginons que dans un monde imaginé par Arthur Mensch en personne ( https://www.facebook.com/watch/?v=1675629193583904 ) le développement de logiciels tel qu’on le connaît actuellement soit de l’artisanat et que tout développeur devienne un manager de quoi aurez vous besoin? Pas de développeurs mais d’experts en projets informatiques. Et actuellement qui sont ces experts ? Des développeurs, des Delivery managers (anciens dev souvent), des Product owners, toutes ces personnes avec le vrai sens du projet et de la structuration car il savent coder et structurer des architectures. Pour vibe coder efficacement il faut connaître des logiques de code. Pour voir plus loin que le POC il faut construire des fondations solides. J’en veux pour preuve notre pic d’activité actuel et en plein moi d’août à l’agence 2 appels d’offres sur 5 ont pour but de faire passer à l’échelle un projet vibe codé, d’un POC à un véritable projet capable de scaler avec l’entreprise et sous l’impulsion des investisseurs et des équipes dirigeantes. Et qui appelle t-on? Les experts du projet. Nous utilisons aussi l’IA pour coder plus vite et nos paniers moyens ont été divisés par 2 en 3 ans (alors que nos Taux Journaliers (TJM) sont inchangés) mais nous structurons comme nous l’avons toujours fait. Nous avons juste une armée d’agents de dev qui produit du code pour nous ou qui réalise des benchs à notre place. Donc qui choisir ? des juniors autoproclamés experts en IA qui ne se sont jamais frottés à la réalité de l’entreprise, à ses process, ses freins, son legacy? Ou des barbus, des vrais avec leurs lunettes de vue Izipizi pour corriger la presbytie et de sérieux arguments pour opérer le changement? Souvenez-vous de la courbe en J et du paradoxe de Solow, ce n’est pas la techno en soi le frein c’est l’humain et les organisations. Structurez d’abord pour augmenter les chances que vos dactylos passent le cap du clavier souris, faites appel à ceux qui ont drivé le changement du numérique et qui sauront utiliser leur expérience non pas pour vous faire vibe coder un chatbot mais pour améliorer la productivité de vos équipes back office et transformer des téléconseillers en architectes d’intérieur et des POC (sûrement efficaces mais fragiles structurellement) en outils robustes prêts à être mis dans les mains de votre équipe.

 

C’est Antadis dans sa version IA, nous ne vendons pas des développeurs, nous vendons des ingénieurs du changement, de la robustesse et de la fiabilité. Nous évitons de créer une dette technique imposante pour des équipes non convaincues par les outils et leurs objectifs.

 

Avec une logique POC vibe codé à faible coût puis une structuration augmentée à l’IA mais réalisée par une équipe projet rodée (en interne ou en agence d’ailleurs) vous raccourcissez la distance et le coût entre l’idée et le projet et donc entre intuition et ROI. Vous multipliez les tentatives rapides et peu coûteuses pour faire le tri dans vos intuitions et ne garder que les meilleures, les plus réalistes, les plus ROIstes pour mobiliser des équipes projet plus efficaces que jamais. L’IA ne coûte pas ce qu’elle devrait, c’est donc le moment de le faire à pleine balle !

Sur quelles routes roulez-vous et avec quel véhicule ?

Il y a quelques mois j’ai animé une conférence dans un événement e-commerce en Suisse. Nous étions une petite dizaine à nous succéder toute la matinée et à chaque fois tout le monde parlait de la data et de sa structuration pour pouvoir optimiser l’usage de l’IA et se préparer au commerce agentic (y compris moi). Je me suis donc dit que le monde n’avait pas besoin d’un copier-collé supplémentaire et mon égo a pris un coup. Le pire c’est que je suis convaincu que la data est l’un des chantiers à prioriser à l’heure de l’IA mais je me refuse à écrire un énième paragraphe dessus je vais donc vous faire un résumé : blabla data produit propre et APIsée, blabla data client enrichie et actionnable, blabla data stocks synchronisée live avec une promesse fiable, blabla je vous ai perdu. Je vais donc me concentrer sur ce qui va autour :

  • POC en souveraineté
  • POC en cyber

Rouler chez soi !

Vous roulez, très bien ! Mais à qui appartient la route ? Les modèles américains sont des routes à péage dont vous ne votez ni le tarif, ni le règlement, ni le tracé. Souvenez-vous de la rue de Rivoli : Claude Hidalgo peut vous interdire l’axe principal du jour au lendemain. Nous avons déménagé nos locaux d’Etienne Marcel à Suffren pour cette raison, c’est donc du vécu ! Un changement de CGU, une hausse de tarif, un modèle qui régresse d’une version à l’autre, c’est exactement ça. Mais avant de parler des Américains et du détroit d’Ormuz penchez vous sur votre interne, sachez qui roule chez vous, sur quelles routes, avec quoi dans le coffre. L’IA est déjà partout dans vos équipes, sans cadre ni mesure. Quelles données fuient ? Votre catalogue, vos marges, vos fichiers clients ?


Maintenant que vous savez qui roule chez vous et avec quoi dans le coffre, posez-vous la question du véhicule : pourquoi ne pas POCer Mistral ? L’IA française semble se tourner de plus en plus vers le monde des entreprises dans un contexte français/européen avec ses particularités grammaticales mais aussi légales et administratives.

 

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-mistral-met-le-cap-sur-l-infrastructure-ia-et-l-industrie-100296.html 

L’entreprise joue la carte de la souveraineté avec la construction de datacenters en france et ses modèles Open Source peuvent être un véritable atout si vous souhaitez garder le contrôle sur l’évolution de votre architecture IA. Vous roulez sur des routes françaises et à défaut de choisir la roadmap de la solution vous avez la garantie que son évolution ira dans le sens des contraintes locales. Moins internationale, plus locale, un net désavantage pour les grands groupes mais une force potentielle pour les acteurs franco français ou franco européens. Testez donc Mistral, l’open source, l’hébergement souverain OVH sur un cas réel, sans dogmatisme, par gestion du risque. Et la boucle théorique se referme d’elle-même : le POC souverain est lui aussi un révélateur, il révèle votre niveau réel de dépendance, et ce qu’il coûterait d’en sortir. Par exemple, Antadis a décidé de hoster ses clients sur OVH Cloud par défaut plutôt que sur les hyperscalers américains et nous récupérons des clients qui reviennent sur des architectures OVH après avoir testé les hyperscaller pour des raisons de coût et de contrôle. Nous avons fait un choix souverain qui aujourd’hui nous apporte de la croissance et qui permet de diversifier nos services. D’un côté le SaaS, le cloud américain et la simplicité de mise en œuvre de l’autre la souveraineté au prix d’un peu plus d’huile de coude et de connaissance mais aussi la liberté de choix associée.

 

Mais comment orientons-nous les clients? En analysant leur maturité technique, leur positionnement par rapport à la concurrence (en retrait ou en avance), le sujet (stratégique ou non). Un client dont le business model repose sur son avance technologique dans le parcours de composition d’un produit et dont les ventes se font en France et en Europe (au hasard https://www.origine-cycles.com ) n’a aucune raison de laisser sa liberté technique, son hosting français et son avance de parcours client pour passer son configurateur sur un SaaS. En revanche, un client qui vend des montres de luxe avec peu de contraintes techniques et un marché très international a tout intérêt à passer sur Shopify et Global-e.

La ceinture et les rétros

Le vibe coding et les POC créent précisément le risque du code poussé vite, parfois en prod, sans revue de sécurité : des voitures sans ceinture. Les agents IA qu’on branche sur ses systèmes ouvrent des portes (accès, prompt injection, fuite de données), et en face, les attaquants ont accès à des modèles IA de plus en plus performants pour hacker votre écosystème. Rappelons que Fable 5 a été retiré de la circulation pendant plusieurs semaines car le gouvernement américain jugeait qu’il augmentait drastiquement le risque cyber pour le pays.

 

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-anthropic-suspend-brutalement-claude-fable-5-et-mythos-5-100444.html

 

Enorme coup de com ou dangereuse réalité, je ne suis pas assez pointu pour le dire mais quoi qu’il en soit cela sert mes 2 intuitions :

  • La souveraineté est un véritable enjeu quand un état peut couper vos gains de productivité en un claquement de doigts.
  • Investir sur la sécurité de votre architecture n’est pas optionnel en 2026

 

Ecoutez vos DSI : ils alertent mais le budget part souvent ailleurs. Il faut un premier accident pour comprendre l’utilité de la ceinture, Klarna a été l’accident de l’expérience client, l’accident cyber de l’ère IA n’a pas encore de nom célèbre. Ne soyez pas la marque qui le lui donnera.


Depuis début 2026 nous avons constaté un nombre de cyberattaques croissant et nos clients ont eux aussi été impactés, et nous en constatons encore plus depuis la sortie de Fable 5 (si vous avez de la data à ce sujet, je prends). Nous avons donc réalisé des POC pour créer un monitoring et un système d’audit boosté à l’IA pour nos clients. Vous venez de voir la méthode de cet article s’appliquer à elle-même : Le résultat est très satisfaisant, nous avons fait une offre et nous appliquerons une nouvelle politique pour sécuriser les écosystèmes de nos clients à partir de septembre. Les audits sont vos rétroviseurs, le monitoring votre tableau de bord, le pentest votre crash test.

Conclusion

Ironie du sort : cet article a été mis en forme avec Fable 5, revenu de sa suspension, la boucle est bouclée. Pourtant j’ai retrouvé l’envie d’écrire en me disant que l’IA pourrait révéler une meilleure version de mes articles, moins de temps passé sur la forme et sur les à côté et plus de temps passé sur l’enchaînement des idées, la structure et le fond de la réflexion. Je pense pouvoir partir en vacances avec le sentiment du travail accompli. Pour la première fois mes convictions fusionnent avec l’article dans sa création, j’ai utilisé l’IA en Back Office pour vous livrer une plus grosse dose d’humain en analyse et dans le ton. L’expérience et le ton de la marque Antadis est préservé, ma vision est clarifiée, le rôle d’Antadis dans ce chaos environnant me paraît plus clair que jamais. Antadis est un mélange de copilote, d’ingénieur automobile et de maman pleine d’affection pour ses enfants. On vous propose le bon chemin, le bon véhicule et on vous dit de ne pas oublier de mettre votre ceinture avec un bisou sur le front. Avant de vous laisser, je prends date. En 2027 :

  • la réhumanisation sera un argument marketing assumé
  • le grand tri des prestataires se sera accéléré
    nous aurons de plus en plus de POC à faire passer à l’échelle
  • les clauses de souveraineté IA seront apparues dans les appels d’offres e-commerce
  • les budgets cyber auront explosé, hélas après un premier accident célèbre
  • et le Q2 de Shopify aura donné tort à Dominic Ball
    D’ici 2027, bonne route et n’oubliez pas votre ceinture, moi je retourne à chess.com 😀
Loïc Lejal

Directeur Général Associé - Antadis

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